Société & Vie quotidienne
Vie quotidienne cubaine
Le quotidien de la plupart des Cubains tourne autour d'un thème : resolver — « résoudre », « organiser », « se procurer ». Dans un pays avec des pénuries chroniques, l'art de se procurer des choses est une compétence de base de la vie. Où trouver des œufs aujourd'hui ? Qui a du savon ? Où peut-on acheter de la farine ? Les files d'attente devant les magasins (colas) peuvent durer des heures.
Le salaire moyen d'État est de l'équivalent de 20 à 40 € par mois (4 000 à 8 000 CUP). Personne ne peut vivre de cela — les prix ont explosé depuis la réforme monétaire. Les Cubains survivent grâce à une combinaison de :
- Remesas : Transferts d'argent de la famille à l'étranger (surtout Miami)
- Marché noir : Troc, affaires informelles, vente de légumes cultivés soi-même
- Tourisme : Casas Particulares, conduite de taxi, vente de cigares, service en salle — un serveur avec pourboires gagne souvent plus qu'un chirurgien
- Libreta : Le carnet de rationnement d'État qui garantit des produits alimentaires de base subventionnés (riz, haricots, sucre, huile) — suffisant pour environ 2 semaines par mois
Malgré la misère économique, la joie de vivre des Cubains est étonnante : musique, danse, humour et entraide de voisinage sont le contrepoids au manque. L'hospitalité envers les étrangers est authentique et chaleureuse — pas seulement une stratégie touristique.
Comprendre le système des Pesos
Le système monétaire de Cuba est le plus déroutant du monde — et une source constante de frustration pour les touristes et les Cubains.
La situation actuelle (2025/2026)
Depuis la réforme monétaire de janvier 2021, il n'y a officiellement plus qu'une seule monnaie : le Peso Cubain (CUP). L'ancien Peso convertible (CUC, aussi appelé « Dollar ») a été supprimé. Le taux de change officiel est de 1 USD = 120 CUP.
En pratique, il existe cependant un taux de change informel (mercado informal), qui est nettement plus élevé : 1 EUR = 250–350 CUP (début 2026, fluctue fortement). Ce taux est utilisé par presque tous les prestataires privés — Casas Particulares, Paladares, chauffeurs de taxi. Ceux qui échangent au taux officiel (à la banque ou au bureau de change CADECA) paient en réalité deux fois plus.
MLC (Moneda Libremente Convertible)
Dans les magasins d'État en devises (tiendas MLC), les transactions se font en MLC — une monnaie virtuelle sur des cartes bancaires spéciales, indexée sur l'USD. Ces magasins vendent des produits importés (huile, articles d'hygiène, électronique) qui ne sont pas disponibles ailleurs. Les touristes peuvent acheter des cartes MLC aux points CADECA.
Conseils pratiques
- Apportez des EUR en espèces — c'est la méthode la plus simple et la moins chère
- Échangez une partie chez la Casa Particular au taux informel
- Les petites coupures (5, 10, 20 EUR) sont plus pratiques que les grosses
- Pour les établissements d'État (hôtels, musées, Viazul), le paiement se fait souvent directement en EUR/USD
- Vous aurez besoin de liquidités en CUP pour les stands de rue, les bus locaux et les petits commerces
Achtung
Le change informel est techniquement illégal, mais pratiqué par tous — y compris par les Casas Particulares et Paladares. Échangez uniquement avec des personnes de confiance (votre propriétaire de Casa) et jamais dans la rue. Comptez toujours soigneusement !
Jineteros & Pièges à touristes
Jineteros (littéralement : « cavaliers », au sens figuré : arnaqueurs/intermédiaires) font partie inévitable de l'expérience cubaine. À La Havane et Trinidad, tu seras forcément abordé — par des gens qui veulent te proposer des cigares, des restaurants, du rhum, un hébergement ou de « l'amitié ».
Arnaques typiques
- « Mon ami, d'où viens-tu ? » — La conversation d'entrée classique qui doit mener à une vente de restaurant ou de cigares. Le Jinetero prend une commission
- Cigares : Prétendument « vrais Cohibas du cousin à l'usine » — à 99 % des contrefaçons. N'achetez que dans les magasins officiels !
- Intermédiation de restaurant : On est conduit à un certain Paladar. La nourriture peut être bonne ou mauvaise — l'intermédiaire prend 20 à 30 % de la facture. C'est pourquoi les prix dans ces établissements sont souvent plus élevés
- Femmes/Hommes : Le Jineterismo a aussi une composante sexuelle. Les jeunes Cubaines ou Cubains qui s'accrochent aux touristes cherchent souvent un billet pour quitter le pays, des cadeaux ou un soutien financier
Comment gérer cela ?
Soyez aimable, mais ferme. Un simple « No, gracias » suffit généralement. Prenez-le avec humour — la plupart des Jineteros ne sont pas malveillants, mais essaient de s'en sortir dans un système difficile. Fiez-vous aux recommandations de votre Casa Particular — ils n'ont aucun intérêt à vous envoyer dans un mauvais restaurant.
Tipp
La méthode la plus simple contre les Jineteros : Parle-leur en espagnol. Ceux qui connaissent quelques phrases en espagnol sont nettement moins abordés et perçus comme des voyageurs plus expérimentés.
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