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Verstehen · Kapitel 8

Histoire & Renaissance

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VerstehenKapitel 8: Histoire & Renaissance
Verstehen · Kapitel 8

Histoire & Renaissance

L'histoire de Florence est celle de la civilisation occidentale : des Étrusques à la colonie romaine, de l'empire commercial médiéval des Médicis à la naissance de la Renaissance jusqu'à l'Italie moderne — une ville qui a changé le monde.

Des Étrusques au Moyen Âge

Florence fut fondée en 59 av. J.-C. comme colonie romaine sous le nom de Florentia — « la Florissante ». Mais la colline de Fiesole était déjà un centre étrusque depuis des siècles. La ville romaine se trouvait sur la Via Cassia et possédait un forum (aujourd'hui Piazza della Repubblica), un amphithéâtre et des thermes. Après la chute de Rome, Florence fut dominée par les Goths, les Byzantins et les Lombards, jusqu'à ce que la ville s'épanouisse au 11ème siècle en tant que commune libre.

Guelfes et Gibelins

Aux 12ème et 13ème siècles, Florence fut déchirée par les luttes de pouvoir entre les Guelfes (fidèles au pape) et les Gibelins (fidèles à l'empereur) — querelles familiales, batailles de rue et exils étaient monnaie courante. Dante Alighieri était Guelfe — lorsque les Guelfes se divisèrent en Noirs et Blancs, Dante se retrouva du côté des perdants et fut exilé de Florence en 1302. Il ne revint jamais et mourut en 1321 à Ravenne. La « Divine Comédie » est aussi une œuvre d'exil et de nostalgie pour Florence.

L'ère du commerce de la laine

La richesse de Florence reposait sur la laine et la soie. La guilde des tisserands de laine (Arte della Lana) et les banquiers firent de la ville, aux 13ème et 14ème siècles, l'une des plus riches d'Europe. Le Florin (Fiorino d'oro) devint la monnaie de référence du commerce européen — l'équivalent du dollar au Moyen Âge.

Les Médicis — Souverains et Mécènes

Aucune famille n'a autant marqué une ville que les Médicis à Florence. Pendant plus de trois siècles (environ 1400–1737), ils ont déterminé le destin de la ville — en tant que banquiers, politiciens, papes et les plus grands mécènes de l'histoire.

Cosimo l'Ancien (1389–1464)

Cosimo de' Medici — surnommé « il Vecchio » (le Vieux) — fut le père fondateur de la domination des Médicis. Il contrôlait le plus grand réseau bancaire d'Europe et utilisa sa richesse pour attirer les meilleurs artistes, philosophes et architectes à Florence. Il finança Brunelleschi, fit construire le Palazzo Medici-Riccardi et fonda l'Académie Platonicienne, qui raviva le savoir grec antique. Sa devise : « Chaque peintre peint lui-même » — Cosimo peignit Florence comme le centre du monde.

Lorenzo il Magnifico (1449–1492)

Lorenzo de' Medici — « le Magnifique » — fut l'apogée dorée : poète, diplomate, banquier et mécène, qui invita Botticelli, le jeune Michel-Ange et Léonard dans son palais. Sous Lorenzo, Florence connut son âge d'or culturel — la Haute Renaissance. Il survécut à la conjuration des Pazzi en 1478 (son frère Giuliano fut assassiné dans la cathédrale) et gouverna Florence avec un mélange de charme, d'intelligence et de politique de pouvoir. Sa mort en 1492 marqua la fin de l'âge d'or.

Savonarole et le bûcher des vanités

Après la mort de Lorenzo, le moine dominicain Girolamo Savonarola prit le contrôle. Il prêchait contre la corruption et le luxe et organisa le fameux « bûcher des vanités » (1497) sur la Piazza della Signoria : peintures, livres, miroirs, cosmétiques et objets de luxe furent brûlés. Un an plus tard, Savonarole fut lui-même pendu et brûlé sur la même place. Une plaque de bronze au sol marque l'endroit.

Les derniers Médicis et la fin

Les derniers Médicis devinrent Grands-ducs de Toscane (à partir de 1537) et donnèrent deux papes : Léon X (qui excommunia Martin Luther) et Clément VII (qui survécut au sac de Rome en 1527). La dernière des Médicis, Anna Maria Luisa de' Medici, légua en 1743 tout le patrimoine artistique de la famille à la ville de Florence — à condition que rien ne quitte jamais la ville. Ce « Patto di Famiglia » est la raison pour laquelle Florence possède encore aujourd'hui tous ses trésors artistiques.

La Renaissance — Pourquoi Florence ?

La Renaissance (Rinascimento) — la « renaissance » de la culture antique — ne commença pas par hasard à Florence. Plusieurs facteurs se sont conjugués pour faire de cette ville le berceau de la modernité :

  • Argent : Florence était l'une des villes les plus riches d'Europe. Les banquiers (notamment les Médicis) avaient le capital pour financer artistes et érudits.
  • Concurrence : Les guildes, familles et églises rivalisaient pour obtenir les meilleures œuvres d'art — une compétition qui poussa la qualité à des sommets inégalés. Le célèbre concours pour les portes du Baptistère (1401) entre Brunelleschi et Ghiberti est considéré comme le coup d'envoi de la Renaissance.
  • Liberté : Florence était une république (du moins nominalement) — avec une culture bourgeoise qui favorisait l'individualisme et l'innovation.
  • Savoir antique : Après la chute de Constantinople (1453), des érudits grecs apportèrent des textes antiques à Florence. L'Académie Platonicienne des Médicis traduisit Platon, Aristote et Plotin en latin.
  • Génies : Dans aucune autre ville et à aucune autre époque, autant de génies ne vécurent et ne travaillèrent ensemble : Brunelleschi, Donatello, Masaccio, Botticelli, Léonard, Michel-Ange, Raphaël — tous à Florence, en l'espace de 150 ans.

La Renaissance florentine changea tout : l'art (perspective, anatomie, portraits individuels), l'architecture (retour aux formes antiques), la science (Galilée !), la politique (Machiavel !) et la philosophie (humanisme). Le monde moderne commence à Florence.

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