Indépendance jusqu'à aujourd'hui
Indépendance & boom du café (1821–1948)
En 1821, le Costa Rica devint pacifiquement indépendant — le pays l'apprit par une lettre du Guatemala, un mois après la déclaration d'indépendance réelle. Il n'y eut ni batailles, ni révolution — la nouvelle arriva simplement.
À partir des années 1840, le boom du café transforma le pays : le sol volcanique de la vallée centrale était parfait pour le café Arabica. Les barons du café (les « Cafetaleros ») financèrent routes, écoles, chemins de fer et le Teatro Nacional. Le Costa Rica devint le pays le plus riche et le plus instruit d'Amérique centrale — un avantage qui perdure jusqu'à aujourd'hui.
Un chapitre sombre : dans les années 1850, l'aventurier américain William Walker tenta de conquérir toute l'Amérique centrale et d'y introduire l'esclavage. Le Costa Rica envoya une armée, et lors de la bataille de Rivas (1856), Walker fut vaincu. Le héros national Juan Santamaría — un simple tambour — sacrifia sa vie pour incendier la forteresse de Walker. Son monument se dresse à Alajuela, et le 11 avril est un jour férié national.
1948/49 — La révolution qui changea tout
La courte guerre civile de 1948 (44 jours, environ 2.000 morts) se termina par la victoire de José « Don Pepe » Figueres sur le gouvernement autoritaire. Ce qui suivit fut sans précédent dans l'histoire mondiale : Figueres abolit l'armée le 1er décembre 1948 — déclarant que le Costa Rica ferait mieux de dépenser son argent pour des enseignants que pour des soldats. Le budget militaire fut réorienté vers l'éducation, la santé et les infrastructures.
Figueres introduisit également le droit de vote des femmes, nationalisa les banques et garantit à tous les citoyens l'accès aux soins de santé. Depuis lors, le Costa Rica est l'une des démocraties les plus stables d'Amérique latine — sans coups d'État militaires, sans guerres civiles, sans la violence qui a affligé ses voisins.
Pionnier de l'écotourisme (années 1970–aujourd'hui)
Dans les années 1970, le Costa Rica commença à protéger ses forêts — après que le taux de déforestation dans les années 1960 ait été le plus élevé du monde. Le revirement fut radical : aujourd'hui, plus de 25% du territoire est protégé, et la couverture forestière est passée de 21% (1987) à plus de 52% (2025). Le Costa Rica est le seul pays tropical au monde à avoir inversé sa déforestation.
En 1994, le Costa Rica introduisit le programme PSA (Pago por Servicios Ambientales) : les propriétaires terriens sont payés pour laisser leur forêt intacte, plutôt que de la défricher. L'argent provient d'une taxe sur le carburant. Un modèle révolutionnaire, copié dans le monde entier.
Depuis 2015, le Costa Rica produit plus de 98% de son électricité à partir de sources renouvelables — hydroélectricité, géothermie, éolien et solaire. Le pays s'est fixé pour objectif d'être totalement neutre en CO₂ d'ici 2050. Si cela réussit, c'est incertain — mais l'ambition n'a pas de limites.
Le Costa Rica aujourd'hui
Le Costa Rica est un pays à revenu intermédiaire prospère avec un PIB par habitant d'environ 13.000 USD (2025) — plus du double de celui du Nicaragua ou du Guatemala. Les défis : inégalités sociales croissantes, système de santé surchargé, problèmes d'infrastructure et dépendance au tourisme. Le chômage des jeunes est supérieur à 30%, et de nombreux jeunes Ticos émigrent au Canada ou en Europe. Néanmoins : dans le Happy Planet Index, le Costa Rica se classe régulièrement en tête — les gens les plus heureux du monde, mesurés en satisfaction de vie, espérance de vie et empreinte écologique.